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Les pêcheurs, avec leurs peaux tannées par le soleil et leurs regards perçants, m'auraient montré les secrets de la mer. J'aurais écouté leurs récits de tempêtes et de trésors engloutis, et le désir de braver ces mêmes vagues aurait grandi en moi. Le clapotis des dhows sur l'eau calme au crépuscule m'aurait murmuré des histoires de pirates et de contrebandiers, de combats acharnés sous la lueur pâle de la lune. Les marchés de Zanzibar auraient été un monde en soi, avec leurs étals débordant de fruits tropicaux, de poissons argentés et d'épices aux couleurs vives. Là, parmi les marchands aux visages ridés, j'aurais ressenti cette fièvre de l'or, ce besoin viscéral de prendre plus que ce que le destin m'aurait offert. J'aurais ressenti le même frisson qu'un chasseur traquant sa proie, sachant que chaque transaction est une bataille d'esprit, une danse avec le diable. Mais ce n'est pas seulement la mer qui m'aurait attiré. Les forêts denses et humides de l'intérieur de l'île auraient été un autre terrain de chasse. Les cris des singes et le bruissement des feuilles sous les pas précautionneux m'auraient appris que la jungle, tout comme la mer, ne fait aucun cadeau. Il faut savoir lire les signes, sentir le danger dans l'air avant même qu'il ne se manifeste. Là, dans ce coin du monde, j'aurais appris que la vie est une question de survie, de force et de ruse. Zanzibar, avec son mélange de cultures, son passé marqué par les caravanes d'esclaves et les empires disparus, aurait façonné en moi l'esprit d'un aventurier, toujours en quête de nouveaux horizons, jamais satisfait, toujours prêt à défier les dieux et à prendre ce qui lui revient. ET Si j'étais né à Cuba, ma vie aurait été différente. Les rues de La Havane m'auraient vu grandir, non comme un étranger, mais comme un fils de cette île. Le soleil implacable, qui brûle la peau et éclaircit les âmes, aurait sculpté mon caractère. Je me serais levé avec l'odeur du tabac frais et me serais couché avec le son lointain des vagues, incessantes, rappelant à chacun sa propre finitude. Les hommes de Cuba sont fiers, leur fierté est dans leur lutte. Ils luttent contre la mer, contre la terre, contre l'oubli. J'aurais appris très tôt que rien n'est jamais gagné, que chaque victoire est suivie d'une autre bataille. Mais c'est cette lutte qui donne du sens, c'est elle qui forge l'homme, le vrai. Je me serais assis dans les bars enfumés, là où le rhum coule à flots, où les histoires sont racontées entre deux gorgées. J'aurais écouté les anciens, leurs récits de pêche miraculeuse, de femmes perdues, de révolutions trahies. Et moi aussi, j'aurais eu mes histoires, simples et dures, comme la vie. Peut-être que j'aurais pris la mer, comme tant d'autres. La mer est une maîtresse impitoyable, mais elle est honnête. Elle ne ment jamais. Elle vous montre ce que vous êtes, sans fard, sans excuse. Dans le vent et le sel, j'aurais trouvé ma place, ou peut-être que j'aurais compris qu'il n'y a pas de place pour nous sur cette terre. Mais ça, ça n'aurait pas d'importance. Si j'étais né à Cuba, j'aurais aimé une femme aux yeux sombres, une femme qui ne parle pas beaucoup mais qui comprend tout. Elle aurait su, d'un regard, que je devais partir, que la mer m'appelait, et elle n'aurait rien dit. Elle aurait attendu, comme toutes les femmes de marins, en sachant que chaque départ pourrait être le dernier. Et peut-être que je serais mort là-bas, sur cette île, dans une petite maison blanche au bord de l'eau, avec le bruit des vagues pour ultime berceuse. Ou peut-être que j'aurais simplement disparu, emporté par la mer, sans trace, sans tombe, comme tant d'autres avant moi. Mais au fond, cela n'aurait pas vraiment compté. Ce qui aurait compté, c'est d'avoir vécu, vraiment vécu, avec la mer, avec la terre, avec les hommes de Cuba. Parce qu'au bout du compte, c'est tout ce qu'un homme peut demander. donc si être né quelque part peut conditionner le destin d'un homme , il n’en reste pas moins vrai que tout dépend de lui.. c'est çà qu'il devra savoir | ||
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