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Non pas par mépris. Le mépris présuppose encore un intérêt. Simplement parce que ce n’était pas une primaire présidentielle. C’était une course aux investitures, avec l’enthousiasme d’un congrès de copropriété où chacun rêve de devenir syndic avant même de savoir si l’immeuble existe encore. Une primaire présidentielle, normalement, c’est : « Voici un candidat, voici un projet, voici une ambition pour le pays. » Là, c’était plutôt : « Voici un candidat, voici une circonscription, et surtout, ne touchez pas à ma place. » On ne choisissait pas vraiment celui qui pourrait gouverner la France. On organisait le placement des survivants sur les strapontins de la République. La présidentielle était quelque part au loin, comme une maison dont on aurait perdu l’adresse. Mais les investitures, elles, étaient bien là, palpables, rémunératrices et suffisamment proches pour qu’on puisse déjà s’y accrocher. J’ai donc préféré ne pas regarder. Après tout, assister à une primaire présidentielle qui ne parle pas de présidentielle, c’est un peu comme assister à une messe où le curé ne croit pas en Dieu mais tient absolument à récupérer le resultat de la quête. J’attendrai donc la vraie campagne. Celle où chacun nous expliquera qu’il veut sauver la France. Et où, accessoirement, il faudra encore trouver quelqu’un à investir. Quoi que investir en france reste un gros mot | ||
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