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Je ne me souviens plus du jour exact, mais je sais que c'était l'automne. La lumière fragile s'écoulait sur la terre, ondulant comme un voile en filigrane au-dessus des collines. Les poires, elles, attendaient sous les arbres, leur peau dorée par le soleil, les joues rebondies et lisses, un peu comme celles des enfants après une sieste au bord de la mer. J'avais longtemps vu les poires comme des fruits ordinaires, une douceur de plus parmi d'autres, mais ce jour-là, elles avaient un autre éclat. Je me suis approché, presque en secret, de l'une d'elles. Elle pendait, fragile et ronde, à une branche qui semblait la caresser d’un dernier adieu. L’arbre me la tendait comme un don sacré, un présent du monde qui soudain me faisait face. Je l'ai cueillie et l’ai tenue dans ma main, sentant sous mes doigts la promesse de sa chair tendre, pleine et juteuse. En la regardant, j'ai pensé que l'amour, lui aussi, naît souvent ainsi : d'une simple rencontre, d'un instant où l'on remarque ce que l'on ne voyait pas avant, d'une promesse discrète, et puis d’un geste presque inconscient, une prise de conscience qui change tout. Je l'ai mordue et une douceur infinie a envahi mon être. Ce goût était nouveau, unique, mais familier aussi, comme s’il vivait en moi depuis toujours. Je ne mangeais plus une poire ; je goûtais un souvenir, celui d’un temps que je ne connaissais pas, celui de mon enfance peut-être, ou celui des ancêtres qui, des siècles plus tôt, avaient eux aussi connu la même ivresse. La poire était fraîche, parfumée, un peu sucrée, mais aussi légèrement acidulée, comme la tendresse peut être parfois mélancolique. Elle m'a rappelé que l'amour, le vrai, n'est jamais parfait ; il est complet par ses défauts, il est savoureux par ses contradictions. C'était l'automne, et sous le soleil du jour finissant, je découvrais pour la première fois ce que signifiait aimer quelque chose d'aussi simple et pur qu'une poire. Depuis ce jour-là, chaque poire est une promesse. Je les regarde avec la même curiosité, la même tendresse, comme on regarde un amour en devenir, toujours dans l'attente du goût, de la douceur, du mystère. (hein? oui c'est çà l'érotisme: fournir du carburant a l'imaginaire) | ||
En lisant un brillantissime mémoire, écrit avec passion par un auteur, devenu une référence, une phrase a surgi du passé, et surtout du jardin de mon grand père... "qui n'a jamais goûté une comice mure à point ne sait pas ce qu'est une bonne poire" Ma curiosité a été piquée au vif.... J'ai acheté une dizaine de comices, cueillies sur l'arbre fin septembre. Ensuite rangées au frais et à l'abri d'une lumière trop forte.....les jours passaient les semaines, j'ai enlevé les véreuses peu à peu...et début janvier un parfum fort agréable était détectable sur leur peau. J'en ai sacrifié une première: déjà très bonne, et puis plus tard, constatant des marques légèrement plus foncées sur la seconde je l'ai coupée en deux .....euréka! sur toute sa surface un jus parfumé brillait....et en bouche, une sensation qu'une poire peut égaler voire supplanter des exotiques souvent cueillies trop vite à cause du transport......Aujourd'hui je sais ce que veut dire un fruit fondant.. Un nectar sucré qui fondant dans la bouche, entraine nos sens au paradis.....des poires... J'ai tenté de goûter des comices sorties des frigos industriels.....oui c'est mangeable, c'est même bon à condition de ne pas attendre trop longtemps pour les consommer... Peu de parfum, moins de sucre... Désormais je guette les premières , on en trouve à cueillir dans des vergers. Fort de cette expérience j'ai planté parmi d'autres un poirier "marguerite marillat" qui donne des poires énormes, mais très peu nombreuses... avec patience et observation on retrouve du fondant et du sucre....mais un ton en dessous hormis le plaisir d'en avoir plein la main quand on la cueille J'attends mes premières poires "à cuire" dont le fameux mémoire vante les attraits....... Pour rester dans le ton de ton écriture, je resonge parfois aux premiers seins "en poire" que j'ai caressés.... .la nature parfois, peut appeler l'érotique au balcon de notre imaginaire..... | ||
un pur régal si elle ne connait pas le frigo.. ![]() | ||
Je vais en goûter pour me donner une idée.......pas très courante en bretagne. | ||
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