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Il existe une espèce animale fascinante : l'homme politique confronté à un problème. Le phénomène mérite l'attention des naturalistes. Au premier abord, il semble s'agiter. Il consulte, il concerte, il diligente, il missionne. On le croit sur le point d'agir. Erreur d'observation. Ce que le profane prend pour de l'action n'est qu'une parade nuptiale destinée aux caméras. Car le véritable génie politique ne consiste pas à résoudre les problèmes. N'importe quel plombier répare une fuite, n'importe quel médecin soigne une grippe, n'importe quel pompier éteint un incendie. Ce sont des amateurs. Le professionnel de la politique, lui, sait qu'un problème résolu cesse immédiatement de justifier son existence. C'est d'une maladresse coupable. Prenons une crise. Une bonne crise, bien grasse, bien médiatisée. Le citoyen naïf réclame une décision. Le responsable expérimenté, lui, réclame un rapport. Puis un second, pour vérifier les conclusions du premier. Ensuite une commission chargée d'évaluer la pertinence des deux rapports. Enfin une consultation nationale destinée à recueillir l'avis des Français sur l'opportunité d'examiner les conclusions de la commission. Entre-temps, le problème, épuisé par tant d'attentions, finit parfois par mourir de sa belle mort. Victoire éclatante de la méthode. L'inaction possède des vertus méconnues. D'abord, elle évite les erreurs. Un ministre qui ne fait rien ne peut être accusé d'avoir mal fait. Au pire, on lui reprochera de n'avoir rien fait. Nuance essentielle : l'électeur pardonne plus facilement une absence qu'une présence ratée. Ensuite, le temps est un auxiliaire remarquable. Les scandales vieillissent comme les yaourts, mais les indignations comme les bouquets de fleurs : très vite . L'opinion publique est une créature délicieuse, dotée d'une mémoire de poisson rouge et d'une capacité d'indignation de mouche domestique. Elle bourdonne beaucoup, puis se cogne contre une autre vitre. La politique moderne ressemble ainsi à un concours de patience où gagne celui qui bouge le moins. Le secret n'est pas de traverser la tempête, mais d'attendre que les journalistes annoncent une autre tempête. Il est d'ailleurs frappant de constater que les catastrophes les plus redoutables finissent presque toujours par être remplacées dans les journaux par une célébrité en maillot de bain ou un championnat de pétanque. On objectera qu'il existe des urgences véritables. Certes. Mais elles présentent un avantage considérable : elles deviennent moins urgentes dès qu'on cesse d'en parler. Une famine oubliée nourrit admirablement les statistiques. Un déficit reporté engraisse les successeurs. Une réforme enterrée fertilise les promesses électorales de la décennie suivante. La sagesse politique pourrait donc se résumer en une maxime d'une simplicité biblique : lorsqu'un problème surgit, surtout ne l'effrayez pas par des solutions précipitées. Laissez-le respirer. Donnez-lui le temps de changer de nom, de gouvernement ou de génération. Et si, malgré toutes ces précautions, le problème persiste, c'est qu'il est devenu traditionnel. Or, dans notre pays, une tradition mérite toujours le plus profond respect. j'aurais du faire de la politique , c'est d'une simplicité desarmante ![]() | ||
remarquable mon colonel.... La dérision est une arme à double tranchant: elle permet de chasser les angoisses, et d'exciter nos zygomatiques, et aussi à la longue de fermer les yeux et les oreilles sur ce temps long de la politique...certains finissent même par admirer cet immobilisme volontaire .... Mais le plombier qui foire une soudure occasionnant une fuite chez toi, ben, c'est tout simplement un incapable ... | ||
le pire c'est que c'est la vérité , c'est a çà qu'on doit les budgets véreux , les avantages des uns , les désagréments des autres et je crains fort que çà perdure au delà des elections car ce mode de fonctionnement , c'est ce qu'on apprend dans les écoles genre science po et autre formateurs de politiciens.. et ce qui est encore pire c'est que çà a l'air d'etre pareil ailleurs c'est le fonctionnement meme de la démocratie qui crée le phénomène ah non keskonvasemarrer encore en 2027 | ||
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Une bonne crise, bien grasse, bien médiatisée. Le citoyen naïf réclame une décision. Le responsable expérimenté, lui, réclame un rapport. Puis un second, pour vérifier les conclusions du premier. Ensuite une commission chargée d'évaluer la pertinence des deux rapports. Enfin une consultation nationale destinée à recueillir l'avis des Français sur l'opportunité d'examiner les conclusions de la commission. Entre-temps, le problème, épuisé par tant d'attentions, finit parfois par mourir de sa belle mort. Victoire éclatante de la méthode.

remarquable mon colonel....