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Imaginez la scène. Le président du tribunal, grave comme un caveau de famille, s'apprête à prononcer une phrase dont dépend peut-être le destin d'un homme. Le silence est si dense qu'on pourrait y suspendre un huissier. Soudain, quelque part entre le banc des parties civiles et les profondeurs métaphysiques du troisième rang, une détonation discrète mais catégorique se fait entendre , avec un roulé perlé du plus bel effet. Aussitôt, la majesté de l'institution vacille. Le procureur regarde ses notes avec l'intensité d'un archéologue découvrant un papyrus compromettant. L'avocat de la défense fixe le plafond, comme s'il espérait y trouver la jurisprudence applicable aux flatulences intempestives. Quant au prévenu, pour la première fois de l'audience, il paraît moins embarrassé que tout le monde. Car le pet possède ce génie démocratique que les constitutions promettent sans jamais l'atteindre : il humilie indistinctement le puissant et le misérable. Devant lui, les magistrats ne sont plus magistrats, les avocats ne sont plus avocats ; ils redeviennent simplement des mammifères anxieux essayant de paraître étrangers à un phénomène dont chacun connaît pourtant l'origine générale. Et lorsque l'audience reprend enfin son cours, un doute demeure. Non pas sur la culpabilité de l'accusé, mais sur l'identité du véritable auteur des faits. Gageons qu'un benet sera crucifié pour manquement a la déontologie ? ![]() | ||
le soleil a du trainer sur la bourgogne...le vent chatouille l'imaginaire assoupi... | ||
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