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( chanson de geste pour nos députés) Or escoutez, bons seigneurs et dames pommadées, Comment maint noble au noble cœur, Se trouva fort marri et tout esbaudi, Quand les vilains, las ! levèrent leurs fourches et bâtons ferrés. Lors que la famine roidissait les ventres creux, Et que les dîmes s’envoloient vers les coffres dorés, Les gueux du terroir, las de suer pour point de pain, S’avisèrent qu’un noble pendu eût bel ornement au chêne prochain. Sire Geoffroy de la Fesse-Molle, grand croquant des banquets, S’enfuit de son manoir, le derrière lourd de pâtés. Il crioit : « Par ma foi ! ces rustauds n’ont point de mesure ! Ils me veulent embrocher comme cochon à la foire d’août ! » Dame Ysabeau de la Dent-Faulse, sa mie très huppée, Chercha refuge en son colombier, croyant les vilains ny oser monter. Mais hélas ! un paysan malin, armé d’une fourche aiguë, La prit pour pigeon gras, et la fit choir sans plus d’arts ni courtoisie. Or ce fut beau voir, maint baron chaussant sabots, Maint chevalier troquant son heaume pour chaperon de laine. Les fiers ducs qui naguères faisoient sonner clairons, Baisèrent la terre, criant merci aux gueux hargneux. Et chacun d’eux, tout confus et crotté jusques aux os, Jura qu’à l’avenir, il aimerait bien plus ses vilains — Du moins tant qu’ils tiendroient la fourche par le bon bout. Ainsi finit la chanson du grand effroi des nobles, Qui apprirent trop tard que ventre affamé n’a point de révérence, Et que la fourche du paysan, quand elle se dresse, Fait choir plus de châteaux que mille tempêtes de Dieu. | ||
las ! les cul terreux malgré leurs tracteurs, sont infiniment moins nombreux... que tant d'autres malheureux privés d'espoir d'avenir et de labeur les insoumis auront ainsi beau jeu de crier à la révolution et de prôner lente soumission à autre dieu et surtout envers eux | ||
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( chanson de geste pour nos députés)
las ! les cul terreux malgré leurs tracteurs,