Jusqu’à où suivrai-je ton cours ? Depuis l’émersion de l’œil Au dessus de la pierre et de la roche, En deçà du rocher surplombant La face de l’eau à l’allure d’un jet de lumière, Jusqu’au pied de la montagne Qui endigue ton élan ? Tu te ressources des arrêts Pour retrouver tes forces et t’infiltrer Parmi les galets, Bousculer la digue par le bas, Et t’exiler dans le sable Avant que n’émerge de nouveau le souffle de vie Sous le soleil des jours. Ainsi, te fais-tu un destin à nourrir les autres Dans le passage inaperçu de tes dons Ou le retour inopiné de ton souffle inspirateur Qui anime la vie. Tu arroses même si tu te perds en effet ; Tu meurs pour l’orge et le blé. A l’olivier tu octroies la sainteté Au pommier la raison des ruptures Et à l’amandier la rigidité des masques. Combien de masques faut-il dénoncer Pour restituer à la métaphore sa vérité Et à la goutte d’eau sa pureté Car dans l’étang meurt l’eau Et la vie perd la vie. L’eau coule dans les canaux Irrigue les champs pour Une nuit d’eau, Une journée d’eau, Vingt minutes d’eau, Tout un âge d’eau… L’eau détermine le temps En un lot érable Et dans la bouche du mourant, Pour paradoxalement arroser la mort, On verse une dernière goutte d’eau Avant que l’âme ne soit rendue Et l’eau, Dernier soldat à abandonner son arme, Sèche sur la peau.
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